C’est officiel : la science s’attaque aux cheveux blancs, l’espoir d’enrayer le vieillissement

C’est officiel : la science s’attaque aux cheveux blancs, l’espoir d’enrayer le vieillissement

Ah, les cheveux blancs ! Pour certains, ils sont synonyme de sagesse… Pour d’autres, plutôt de rendez-vous express chez le coiffeur. Mais alors, pourquoi nos cheveux se parent-ils soudain de cette couleur argentée ? Et surtout, la science va-t-elle un jour gagner la bataille contre ce signe implacable du temps qui passe ? Rassurez-vous (ou non), il semblerait que cette question passionne autant les chercheurs que les personnes qui arpentent le rayon colorations du supermarché.

Pourquoi les cheveux deviennent-ils blancs ? Décryptage dans nos follicules

Le mystère des cheveux blancs s’opère à l’intérieur du follicule pileux, là où s’élabore notre pigmentation capillaire. Les stars du moment : les mélanocytes, ces cellules qui produisent la mélanine responsable de la couleur de nos cheveux, de notre peau et de nos yeux. Leur unique mission ? Fabriquer des pigments puis les déposer dans la tige du cheveu durant sa croissance. Si l’objectif, jadis, était de protéger notre corps contre les rayons du soleil, la mécanique à l’œuvre s’avère bien plus complexe qu’il n’y paraît. Selon les scientifiques, la couleur des cheveux est à 99 % déterminée par nos gènes. Des centaines d’acteurs génétiques entrent en jeu rien que pour décider entre blond vénitien, brun profond ou gris argenté.

Chaque cheveu vit un cycle :

  • Phase anagène : croissance active (se déroule sur plusieurs années)
  • Phase catagène : transition, la pousse ralentit et le cheveu se détache du follicule
  • Phase télogène : repos, préparation à la chute
  • Phase exogène : la chute des cheveux, parfois par dizaines chaque jour

C’est pendant la croissance que nos chers mélanocytes entrent en scène. Mais avec le temps, leur efficacité décline. L’effectif des cellules souches diminue, la production de pigments s’essouffle, et soudain, la tige du cheveu se remplit… d’air. D’où ce film translucide perçu comme blanc, argent ou gris.

L’influence du stress, de la génétique et de nos habitudes… Pas uniquement une fatalité

Selon la professeure Melissa Harris, le grisonnement commence au niveau du follicule : une fois le cheveu sorti, il est trop tard pour revenir en arrière, colorimétriquement parlant (hors teinture chimique, bien sûr). Adieu la légende urbaine de la chevelure blanche apparue « du jour au lendemain » sous l’effet du stress. En réalité, le stress peut déclencher un effluvium télogène : plus de cheveux tombent d’un coup, et les blancs déjà présents passent du statut de figurants à celui de vedettes.

L’âge n’est pas le seul responsable. Génétique, origine ethnique (les personnes blanches grisonnant parfois dix ans plus tôt que les personnes de couleur), ou encore :

  • Tabac
  • Exposition aux UV
  • Carences nutritionnelles
  • Pollution atmosphérique
  • Alcool en excès
  • Certaines maladies génétiques ou thyroïdiennes

Peuvent précipiter une dépigmentation prématurée. Sans oublier quelques maladies rares touchant la pigmentation et rendant possible l’apparition de cheveux gris dès l’enfance.

Quand la société s’en mêle… et la science s’en inspire

La coloration des cheveux blancs, c’est un marché de plusieurs milliards de dollars à l’échelle mondiale. Pourtant, le regard sur la chevelure argentée varie nettement : effet « George Clooney » gratifiant pour les hommes, jugement plus sévère pour les femmes. Une étude parue en 2022 dans le Journal of Women Aging révèle que si certaines femmes embrassent leurs cheveux blancs, elles multiplient en échange les attentions portées à leur coiffure, à leurs cosmétiques et à leurs vêtements… histoire de paraître soignées et compétentes. La pression sociale de « bien vieillir » – comprendre vieillir sans rides ni cheveux blancs – reste bien présente. Résultat : près de 75 % des femmes continuent à se colorer les cheveux, alors que 23 % de la population mondiale a au moins 50 % de cheveux blancs à 50 ans.

Vers la fin des cheveux blancs ? La révolution scientifique en cours

Bonne nouvelle pour les nostalgiques de leur chevelure d’antan : la science avance. Les travaux de Melissa Harris pointent un lien entre le grisonnement et la réponse immunitaire. En laboratoire, il a été possible de manipuler les cellules souches à l’origine des mélanocytes – et des essais cliniques chez des patients atteints de cancer du poumon sous immunothérapie ont même observé une repigmentation de leurs cheveux.

Le suspect tout désigné s’appelle PD-L1, une protéine qui réprime le système immunitaire et serait davantage exprimée chez les cellules souches mélanocytaires au repos. Reste à découvrir : à quoi sert vraiment cette protéine dans la machinerie capillaire ? Pourrait-elle, un jour, aider à réactiver la pigmentation ?

Pour l’instant, la recherche se poursuit, mais elle dépasse largement la seule esthétique : étudier la pigmentation nous renseigne aussi sur la manière dont notre corps vieillit et réagit au stress et aux facteurs environnementaux. Peut-être un jour, inverser le grisonnement nous permettra-t-il de profiter plus longtemps d’une vie en meilleure santé… cheveux blancs inclus, si le cœur nous en dit !

Misschien vind je dit ook leuk in "Wat is er nieuw"

Laisser un commentaire