Ni blagues ni questions indiscrètes : ces salons misent tout sur le silence relaxation

Quand le silence devient la meilleure option coiffure

« Souhaitez-vous discuter avec nous ou préférez-vous que nous gardions le silence ? » Ce n’est pas le début d’un interrogatoire existentiel, mais bel et bien la question que posent de plus en plus de salons de coiffure en Australie dès l’arrivée du client. Fini la peur de devoir relater l’intégralité de ses vacances ou de justifier l’état de sa chevelure devant un miroir complice : le silence s’invite désormais comme une alternative aussi relaxante qu’inclusive. Parfois, ne pas faire la conversation est le détail chic qui manquait à votre balayage.

Le rendez-vous silencieux : l’après-Covid change la donne

Cet engouement inattendu est confirmé par Ash Boughton, coiffeuse au Salon Lane à Sydney, dans une interview accordée à l’édition australienne du Guardian. Elle observe une véritable montée en flèche de la demande pour ces rendez-vous « silencieux » depuis quelques mois. La pandémie de Covid-19 est passée par là : « Le besoin d’expériences plus calmes est devenu essentiel », analyse-t-elle. Fini le bavardage obligatoire pour meubler l’ambiance : on peut profiter d’un moment pour soi, dans le calme – pour une fois qu’on est autorisé à rêvasser ou à répondre à ses e-mails sans un « Vous partez où cet été ? » en embuscade !

  • L’option du silence est systématiquement proposée avant chaque prestation.
  • Lire un livre, vérifier ses messages ou simplement méditer sur la vacuité de l’univers (ou la prochaine coupe) devient parfaitement acceptable.
  • Aucune gêne à avoir : « Ne vous sentez pas obligé de parler de tout et de rien si vous n’êtes pas d’humeur », insiste Ash Boughton.

Ce n’est plus un phénomène marginal : la popularité de la demande est telle que « le langage [d’une expérience silencieuse] est maintenant connu dans l’industrie », note la coiffeuse. Selon Redmond Cliff, directeur de salon du groupe australien Edwards and Co, même si la coiffure reste une « industrie très bavarde », les salons d’aujourd’hui sont aussi des espaces inclusifs. Traduction : chacun a désormais le droit de réclamer le silence sans passer pour un sauvage… ou un asocial !

Mode d’emploi du silence : simple comme un coup de peigne

Pas besoin d’une charte en dix pages pour en profiter : il suffit de mentionner cette « option spéciale » au moment de prendre rendez-vous : coupe, couleur, soin : toutes les circonstances sont bonnes. Les plus timides y trouveront leur compte : il est même possible de le signaler à l’écrit, via un questionnaire ou un e-mail – histoire de ne pas débuter l’expérience par une justification orale maladroite. Ainsi, personne n’aura à sortir le mythique « Je suis fatigué » pour couper court à la discussion.

Cet apaisement, souligne Redmond Cliff, profite aussi… au coiffeur ! Car oui, la tranquillité fonctionne dans les deux sens : « Cela fonctionne vraiment dans les deux sens », constate-t-il. Les professionnels de la coiffure le reconnaissent : pour certains, la visite au salon ressemble à une séance de thérapie. Mais pour le « capillaire artiste » derrière les ciseaux, ces moments de calme leur permettent aussi de se concentrer sur leur art, un métier « qui nécessite précision et patience », rappelle Ash Boughton. On saura désormais pourquoi ils ont l’air si inspirés quand ils ne disent rien.

  • Le silence permet au coiffeur de s’immerger dans sa mission artistique.
  • La liberté de doser la discussion selon chaque client est une pratique courante.
  • Et pour les plus loquaces : rassurez-vous, rien n’interdit de raconter tous les détails de votre quotidien !

Vers une révolution silencieuse… jusque chez nous ?

Bonne nouvelle pour les introvertis européens : la tendance pourrait bien traverser les océans. D’ici peu, chers clients des coiffeurs d’Europe, il se pourrait qu’on vous laisse en paix sans vous demander la dernière fois où vous avez lavé vos cheveux (remarque universellement incomprise : « Quand on va chez le coiffeur, il fait un shampoing. Pas besoin de nous poser cette question… »).

Désormais, le choix s’offre à chacun : raconter sa vie à son coiffeur habituel ou profiter d’un silence bienfaiteur. Le luxe, c’est la liberté d’oser toutes les attitudes – y compris celle de savourer une coupe sans un mot, et sans jamais culpabiliser. Le plus dur ? Résister à l’envie de demander pourquoi le coiffeur coupe toujours « juste un peu plus » que ce qu’on a demandé… mais là, le silence reste d’or !

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